samedi 5 avril 2008

Somalie 911?



Dans l'océan indien, près de la Somalie, un bateau, un voilier de luxe, avec à son bord 30 personnes en majorité d'origines françaises, est attaqué par des pirates de mer somaliens. C'est ce que nous titre Radio-Canada dans ses nouvelles internationales du samedi matin. Ils ajoutent que l'armée française a une bonne quantité d'effectif prête à intervenir dans cette région, quel drôle d'adon toé. La première chose qui m'est venue en tête à la lecture de ce communiqué est : qu'elles sont les intérêts dans ce pays où règne le désordre depuis tant d'années! Le voilier se voie tel un gros trésor qui flotte au large, un fruit frais à aller chercher. Le pays est très pauvre, n'est-ce pas aller taquiner le poulamon, que de présenter un beau voilier dodu là-bas?



Ce pays qui abritait 11.5 millions de personnes en 2004 est un endroit très inhospitalier pour tous les étrangers voulant faire de la parade militaire dans ces régions. Le père de l'autre l'a appris à ses dépens, les soldats américains, français et les casques bleus aussi. Bush père voulu aller installer le Restore Hope, échec total et l'espoir ne se résume qu'à de l'aide alimentaire aujourd'hui. Les conflits là-bas, se résume en bonne partie en problèmes linguistiques, politiques et les voisins éthiopiens.



Donc, le passage d'un voilier de luxe dans ces environs peut facilement se comparer à la visite d'une limousine dans le Bronx la nuit.... Qui était le capitaine?!?!? Il paraît que la Somalie est un endroit pas trop cher pour le touriste, mais assez risqué.



Le territoire est de désertique à semi-désertique par là-bas, donc pas un endroit facile pour faire des affaires agricoles. Principales ressources : les bananes, le bois, du pétrole, des minéraux et une quantité insuffisante de musulmans pour faire crier SATAN! à la bande à Bush et la bande de la bande invisible. Mais il y a des minéraux (peut-être en bonne quantité) et du pétrole (ben ça), la Somalie se veut être un endroit stratégique aussi, pour la route du pétrole, le grand projet américain. Mais l'instabilité du pays rend l'accès risqué, surtout avec une attitude gentille.



J'espère que cette nouvelle, ce matin, n'est pas le début d'une campagne de salissage pour changer l'opinion publique. Action médiatique pour entrer dans ce pays moins gentiment. 30 personnes dans un bateau français, de luxe par-dessus le marché, peuvent facilement frapper l'imaginaire français et faire haïr ce territoire. Donner le message qu'il faut donner la fessé à ces très méchants païens.



C'est une histoire à suivre, bien que ma connaissance soit très élémentaire sur cette partie de l'Afrique, là n'est pas mon inquiétude, c'est seulement que je trouve louche la présence d'un voilier français dans ce coin là.

jeudi 3 avril 2008

Bernays le vilain


Normand Baillargeon, celui qui nous a écrit; — Petit cours d'autodéfense intellectuelle, Lux, 2005, revient à la charge avec l'édition française de « Propaganda, d'Edward Bernays, 1928 », toujours dans les éditions Lux, rééditées cette année. Normand Baillargeon fait la préface de ce livre considéré comme un incontournable pour toutes personnes voulant comprendre les petits détails subtils de la publicité, l'histoire de celle-ci, tels que nous la connaissons aujourd'hui.


Pour mettre la table, je vous propose un petit reportage d'Adam Curtis « The century of the self » 2002, le clip dure une trentaine de minutes, le livre d'origine écrit par Edward Bernays est disponible dans tous bons libraires pour un petit 20.




Si je fais une sortie sur ce sujet, c'est que je considère très important pour un communicateur de rencontrer le père des relations publiques et de comprendre sa philosophie, qui est inspirée fortement par la psychanalyse de son oncle Sigmund Freud. La lecture de ce livre pourra peut-être vous donner un petit indice sur le pourquoi de bien des étrangetés de la société.

Donner la parole au peuple!



Nouveau concept dans le domaine du journalisme au Québec, Canwest le grand distributeur d'information vient juste de passer la plume aux journalistes en herbe de l'ouest de Montréal. Après une inscription sur westislandgazette.com, le citoyen devient journaliste et contribue à la nouvelle de la région ouest de l'île, malheureusement, vous vous en doutez, avec le nom de l'entreprise, c'est une initiative pour la population anglaise.


Déjà tendance dans le pays de l'Oncle Damn, le Canadien se met à la page pour tenter de faire contribuer « bénévolement » le citoyen, ce qui devrait donner des articles, en général, très local. Chicago Tribune et le Washington Post entretiennent déjà ce genre d'approche avec la population.


Espérons que l'entreprise ne soit pas trop sous le coup de la censure et que la nouvelle, finalement, ne suive pas toujours ce que nous pouvons lire dans les autres journaux ailleurs. Belle initiative, c'est évident et souhaitons aussi que le concept soit aussi transféré dans la sphère francophone. C'est une façon extraordinaire de donner la voix au citoyen, prendre le pouls de ce dernier et d'économiser la paye que touche le journaliste en temps normal.

Rapprochement



Je reçois un coup de téléphone d'un ami ce soir, un ami de très longue date. Je suis content, nos conversations sont toujours très animées et philosophiques. Par contre, ce soir, je ne m'attends pas à ce que la philosophie tourne vers le terrain glissant de « ma façon négligée d'entretenir mes relations ». C'est un terrain glissant, c'est un trait de caractère qui me caractérise tellement et ce soir je me le fais remettre en pleine face, pas facile. Il est intervenant auprès d'une jeune clientèle à difficulté et il profite de son expertise pour me faire remarquer que je ne suis pas très impliqué dans ma façon d'interagir avec les gens qui m'entourent. Pour justifier son point, il me fait remarquer que je ne l'ai jamais appelé depuis que j'ai immigré dans la ville ou je suis, voilà déjà presque 5 ans. Toujours lui qui appelle, ce qui a comme résultat que nous nous parlons en moyenne 4 fois par année, c'est mon meilleur ami.


J'imagine que le mot « normalité » prend tout son sens dans une façon d'interagir un peu plus équilibrée, je ne l'ai pas. J'ai beau avoir toutes les raisons du monde pour justifier ma façon de traiter les gens que j'aime, mais ça ne donne rien, c'est tout simplement moi et mes relations que je brime. Je ne parlerai pas de la famille, je ne suis tout simplement pas là. L'ami me suggère alors une alternative qui a pour nom « thérapie »... Ouf! Moi, une thérapie?!?!? Mais si je m'arrête, si j'y pense juste un peu... s'il avait raison, ce n'est pas ce que je me dis depuis une semaine?..: je me sens tellement seul parfois, seul parmi la foule, j'en souffre c'est évident. J'ai beau me cacher derrière toutes les lectures, tous les écrits et tous les besoins d'être avec mes chats, je ne suis pas si bien que cela.
Heureusement, autour de moi qu'il y a des gens qui acceptent mon absence quasi permanente , la plupart des gens normalement constitués auraient démissionnés depuis bien longtemps, chose qui arrive fréquemment quand j'y pense bien. Mais j'ai la chance d'avoir des gens qui m'acceptent comme je suis et j'ai le devoir de faire l'action d'être reconnaissant, tout simplement en les appelant juste pour leurs dire bonjour et demander si tout va bien, non?


Il y a de ces coups de téléphones parfois qui remettent les pendules l'heure, avec un peu d'ouverture d'esprit, évidemment, et c'est bien parfait comme ça. Qui suis-je pour entretenir des relations à sens unique de la sorte, mal de mon temps ou lâcheté futile?


Quelle est l'importance? Je ne suis pas très épanouis de cette façon, alors pourquoi ne pas essayer d'affronter mes peurs et de renouer avec qui je suis vraiment : un être humain parmi les autres. Si la thérapie, finalement, se résumait à me faire réaliser que ce n'est pas toute dans la tête que la vie se passe, que j'ai un corps aussi... Un corps qui a le besoin d'être en contact avec d'autres corps. La critique n'est telle pas une façon de me geler, de me séparer de moi-même, de me projeter dans un fantasme incohérent?